Les trajectoires en aviation légère.

Tout connaître sur les procédures en vigueur

Les trajectoires en aviation légère.

Messagepar Airman » Mar Jan 18, 2011 1:18 pm

Bien le bonjour,

Je réponds ici à la question des trajectoires en aviation légère, posée par mvh dans ce sujet : viewtopic.php?f=10&t=77

La première chose à savoir, c'est qu'un avion évoluant en VFR, c'est à dire selon les règles du vol à vue, n'est absolument pas obligé de déposer un plan de vol, sauf dans certains cas particuliers.

Si l'aérodrome a une tour de contrôle, on annonce en principe le nombre de personnes à bord, et la destination, c'est tout. Le pilote contactera, en route, différents organismes, d'information ou de contrôle, certains obligatoires, d'autres non. En clair, s'il se vautre dans une forêt sans avoir parlé à personne, seule la balise de secours permettra (en principe) de localiser le lieu de l'accident. Ce n'est pas tout à fait aussi simple, mais c'est grosso modo comme ça que ça se passe.

Le plan de vol VFR : obligatoire en voyage de nuit, pour le survol de régions "hostiles", passages de frontières, traversés d'étendues maritimes. Par exemple, quand je vais à l'Ile d'Yeu, s'il fait beau, j'arrive assez haut pour qu'en cas de panne, je puisse rejoindre la côte ou l'ile. Pas de plan de vol obligatoire.

Quand je décolle de l'ile d'Yeu, l'avion ne monte pas assez vite pour qu'en cas de panne, au milieu de la traversée, je puisse rejoindre la côte ou l'ile : plan de vol obligatoire.

Un plan de vol mentionne une heure de départ, une heure d'arrivée, le nombre de personnes à bord, l'autonomie, l'équipement (radio, gilets de sauvetage etc). Tout retard de plus de trois minutes doit être signalés aux organismes de contrôle, et le plan de vol doit être clôturé à l'arrivée, soit par le contrôleur s'il y en a un -certains terrains ne sont pas contrôlés, soit par un coup de téléphone. L'absence de clôture déclenche des alertes, puis des recherches.

Les trajectoires en vfr : en fait, elles sont tout à fait libres, on va où on veut dans les espaces où c'est autorisé. Et à l'altitude de notre choix.

Mais...... il y a des tas de contraintes : les hauteurs de survol à respecter par rapport aux agglomérations, les espaces réservés, protégés ou interdits : les vols commerciaux, en région parisienne, évoluent dans un espace interdit aux VFR. Ceux-ci sont donc "condamnés" à voler entre le sol et le plancher de leurs zones, soit souvent sous 1500, 2000 ou 2500 pieds en région parisienne. Ces altitudes sont le niveau moyen de la mer, il faut donc soustraire l'élévation du terrain pour savoir la hauteur par rapport au sol.

De plus, beaucoup d'espaces aériens sont réglementés, et leur pénétration est soumise à "clairance", c'est à dire une autorisation du contrôle. Dans ces espaces, le contrôleur peut imposer au pilote un cheminement particulier, parce qu'il a d'autres avions à gérer dans son volume, qui arrivent ou qui partent. La, c'est la sécurité qui prévaut, il nous faut surveiller les autres avions (quand même !), assurer la navigation précisément, et éviter de passer au dessus des agglomérations, ou de rentrer dans le secteur des "gros avions" par le haut ou le côté : il n'y a aucune trace bleue ou rouge au sol, comme sur les cartes, qui montre la "frontière" entre l'autorisé et l'interdit.

Je compléterai ce sujet un peu plus tard, notamment s'il y a des questions précises.
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Re: Les trajectoires en aviation légère.

Messagepar mvh » Jeu Jan 20, 2011 12:36 am

Bien intéressant tout cela ! Merci pour cette description du comment et du pourquoi.

Ce que j'en retire, et sans vouloir du tout être provocateur ou polémiquer, c'est que le ciel parait pas mal "encombré" autour des grandes villes, alors.

Si on y ajoute les nuisances (sonores et atmosphériques, éventuellement visuelles) pour les riverains qui sont parfois tout de même très nombreux, ne serait-il pas sage de favoriser un certain nombre d'activités aéronautiques de loisirs (écolage, entraînements répétitifs, voltige, pur tourisme, etc.) un peu plus loin des villes ? Les commerciaux seront nettement plus haut, et les privés auraient alors un espace (un volume devrais-je écrire) beaucoup plus grand. La sûreté y gagnerait, non ?

Je sais, les pilotes diront qu'ils n'ont pas envie de faire 50+ km pour aller voler, mais ...
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Re: Les trajectoires en aviation légère.

Messagepar Airman » Jeu Jan 20, 2011 10:56 am

Paul et Mickey n'ont riien à voir avec tout ceci, que ce soit bien clair ;)

Bon, la voltige : c'est simple, ça se pratique dans des volumes bien précis, et des zones spécifique d'entraînement sont déterminées selon les endroits, soit à la verticale de l'aérodrome (mais aucun en région parisienne, c'est plutôt vrai pour des terrains à la campagne en "régions" comme on dit, ou carrément au milieu de la pampa, voir extrait de carte ci-dessous :

Image

L'écolage : il faut comprendre que la formation prend un certain temps, et que la prise en mains d'un avion commence par la maniabilité : décoller et atterrir sont deux exercices à bien maîtriser avant de passer à la navigation. Pour ce faire, les "tours de piste" s'enchaînent, avec l'instructeur à bord, et ça ne peut se faire qu'aux abords de l'aérodrome. Comme l'a dit Marco, les circuits sont soit publiés, et évitent les zones urbanisées, ou alors tracés avec des indications d'évitement, les emplacements des virages par exemple comme ci-dessous sur une fiche d'approche.

Il est clair que tous les autres entraînements se font plutôt en zone rurale, on n'apprend pas à sortir de virage engagé ou d'un décrochage près du sol, les instructeurs ont des "terrains de jeu" dans la campagne, là où il n'y a pas d'agglomérations, ce qui prend souvent quinze minutes de vol environ pour y arriver. La liaison permet alors à l'élève de voler en palier, voire faire des virages et quelques autres manœuvres, mais pas au dessus des habitations bien entendu.

Pour le pur tourisme, il faut concevoir que ça peut aller de la promenade vers la côte Normande et retour au lieu de départ, par exemple, jusqu'à aller rejoindre un autre terrain pour aller visiter une ville ou un musée. Là, il n'y a aucune raison pour que les règles de survol des agglomérations ne soient pas respectées, et l'on cherche toujours à voler le plus haut possible afin d'avoir une meilleure vue d'une part et surtout un meilleur rendement du moteur.

Enfin, la plupart des terrains de la région parisienne ont, hélas, fait les frais d'une urbanisation mal maîtrisée, les prometteurs immobiliers cherchant à caser leurs maisons, et les maires à peupler et densifier leurs communes. Curieusement, ces élus ne sont que très rarement recherchés en responsabilités en cas de nuisances, un exemple ci dessous d'une ville qui s'est rapprochée du terrain, en dix ans :

Image

Il est illusoire de croire que les aérodromes pourraient être déplacés ou fermés, ce serait la mort de l'aviation générale : personne ne partirait de Paris pour décoller de Rouen afin d'aller à Deauville, une demi-heure de vol plus loin !

Je pense que ceci va susciter d'autres questions, alors je reste dans le secteur ;)
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